Kriki

DE PAEPE EDITIONS
2013, FR

Avec la sculpture « Katielo », un événement se produit, Kriki crée du spectaculaire ! D’emblée, cette oeuvre monumentale, spécialement conçue et réalisée pour la Collégiale de Chartres force le dialogue avec ce lieu historique. Il est rare de retrouver chez des artistes de la génération de Kriki, des sculptures aussi impressionnantes présentées à un large public. Voilà pourquoi la complicité avec l’histoire de cette Collégiale n’en demeure pas moins un débat forcé avec l’histoire de l’art contemporain français ! « Katielo », nom issu de la cosmogonie Sénoufo – ethnie du Mali, signifie la divinité-maternité consacrée de la forêt. Son message est inséparablement théologique et anthropologique. A savoir aussi qu’à la source de la conceptualisation de cette sculpture, la cosmogonie des Sénoufos est ignorée de Kriki qui, lui, à ce moment-là, cherche à radicaliser son idée-force de masques africains dont le bois se met à repousser.

KRIKI


2018, FR & ENG

Texte de Philippe Piguet / Critique d’art et commissaire d’expositions indépendant

KRIKI, OU LA POSSIBILITÉ DU FIGURABLE (extrait)

Où l’art de Kriki prend tout son sens, c’est précisément dans cette capacité qu’a l’artiste au rassemblement. S’il puise ici et là dans les méandres de son vécu et de sa culture les éléments iconographiques qui vont donner forme au projet d’œuvre qui l’occupe, le passage à la peinture charge l’acte de création d’un lien déterminant à l’éclosion du sens. Du local au global, en quelque sorte, la peinture de Kriki agit en catalyseur de sa pensée. A l’instar d’un musicien ou d’un écrivain, dont les notes pour l’un, les mots pour l’autre, leur servent, en les combinant, à exprimer la profondeur et la plénitude de leur ressenti et de leur vision, la peinture est le vecteur par lequel Kriki dit son être au monde. En toute intégrité. Pour ce que, comme l’a justement formulé Louise Bourgeois, « art is a guaranty of sanity », l’œuvre de Kriki est à même de garantir le regard d’une distance critique, sans le priver du pur plaisir esthétique.

Philippe Piguet